Une frégate US sabordée en manœuvre au large de l’Écosse

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Une frégate US sabordée en manœuvre au large de l’Écosse

Une frégate américaine sabordée en Écosse ravive le débat sur l'impact environnemental des exercices militaires côtiers.

C’est une pratique peu connue du grand public, mais largement documentée par les marins et les écologues côtiers : les marines occidentales transforment régulièrement d’anciens bâtiments militaires en navires-cibles, qu’elles sabordent lors d’exercices de tir. L’USS Marvin M. Shields, une frégate lancée en 1970 et retirée du service actif depuis des années, a connu ce destin au large de l’Écosse, dans le secteur du Firth of Forth, non loin de Rosyth — l’un des plus importants chantiers navals britanniques du XXe siècle.

L’opération s’inscrit dans une logique d’entraînement et de rentabilité budgétaire : plutôt que d’entreposer indéfiniment ces navires ou de les démanteler à grands frais, les états-majors les utilisent comme cibles d’artillerie. Les marines américaine, britannique et française pratiquent régulièrement ces exercices, appelés Full Ship Shock Trials, pour tester la résistance de leurs nouveaux bâtiments face à des tirs réels. Cette frégate de 138 mètres de long, jadis impressionnante, a ainsi servi d’ultime mission au service national.

Pourtant, la pratique demeure controversée auprès des organisations environnementales qui s’inquiètent de la pollution résiduelle — carburants résiduels, métaux lourds, peinture anti-corrosion contenant de l’amiante — libérée lors du naufrage volontaire, particulièrement en zones côtières sensibles. Les eaux écossaises, déjà sous pression climatique, ne bénéficient pas toujours d’études d’impact préalables rigoreuses.

Pour les pêcheurs écossais et les professionnels de la mer du secteur, ces exercices restent une préoccupation concrète : les épaves modifient la bathymétrie locale, créent des zones dangereuses pour les chalutiers de fond, et peuvent affecter les frayères du cabillaud et du lieu, espèces économiquement essentielles pour les communautés côtières. Le Firth of Forth bénéficie d’un statut écologique particulier, avec des zones marines protégées depuis 2014.

Les zones portuaires écossaises, chargées d’histoire industrielle, subissent régulièrement ces opérations sans large concertation avec les acteurs littoraux. Ni les conseils portuaires, ni les représentants des pêcheries ne sont systématiquement associés aux décisions préalables. La Royal Navy poursuit parallèlement le déploiement accéléré de nouveaux destroyers, amplifiant la cadence de ces exercices.

Cette pratique soulève une tension croissante entre impératifs militaires et préservation des écosystèmes marins — un équilibre que les côtes européennes devront continuer de négocier avec plus de transparence et de dialogue local. Des alternatives comme les simulations numériques existent, mais coûtent davantage. Pour l’heure, l’Atlantique Nord reste un terrain d’entraînement où les arbitrages demeurent largement militaires.

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