Toulon face aux défis de l’eau en entreprise

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Toulon face aux défis de l’eau en entreprise

Toulon mobilise entreprises et collectivités autour d'une ressource critique : l'eau douce, enjeu stratégique du littoral méditerranéen.

Toulon accueille une question qui préoccupe l’ensemble du littoral français : comment les entreprises, collectivités et activités portuaires peuvent-elles rationaliser leur consommation d’eau ? Le Salon Horizon Climatique, qui s’est déroulé dans la capitale varoise, rassemble acteurs publics et privés autour de solutions concrètes, loin du discours aspirationnel.

La Méditerranée, bien qu’elle soit une ressource immense, pose un paradoxe fondamental : la salinité rend l’eau inutilisable pour la plupart des usages industriels et agricoles. Les ports toulonnais, qui manipulent annuellement plusieurs millions de tonnes de marchandises, les fermes aquacoles du golfe d’Hyères et les entreprises de transformation halieutique consomment des volumes considérables d’eau douce. Or, les tensions sur cette ressource s’aggravent : sécheresses estivales prolongées depuis 2022, nappes phréatiques en baisse régulière, compétition croissante entre secteurs économiques et besoins urbains dans un département de 970 000 habitants.

Le salon propose des pistes pragmatiques : récupération et réutilisation des eaux de process dans les installations de conditionnement, filtration innovante des eaux de lavage des navires au mouillage, systèmes de refroidissement moins gourmands pour les usines de congélation. Certaines structures portuaires, dont celles de la Seyne-sur-Mer et La Valette-du-Var, testent déjà des installations de dessalement à petite échelle—technologie coûteuse mais de plus en plus viable économiquement, avec un coût opérationnel en baisse régulière.

Cette transition importe aux métiers historiques du littoral varois : ostréiculture, conchyliculture, pêche côtière. Une meilleure gestion hydrique renforce leur résilience face aux impacts du changement climatique et protège les réserves d’eau douce en arrière-côte, essentielles aux villes comme Hyères et Bormes-les-Mimosas, où les tensions estivales sont chroniques.

Au-delà des solutions techniques, le salon reflète une prise de conscience graduée : l’économie maritime française ne pourra prospérer qu’en intégrant l’eau comme ressource stratégique et fragile, non comme un bien inépuisable. Les entreprises commencent à mesurer leur empreinte hydrique, obligation légale depuis la directive cadre sur l’eau de 2000, progressivement renforcée.

Pour le Var côtier, c’est une question de viabilité économique autant que d’équilibre écologique. Les acteurs publics et privés l’ont compris : l’eau n’est plus un coût accessoire, mais un facteur de compétitivité territoriale.

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