Sur la Côte d’Azur, les ânes remplacent les camions

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Sur la Côte d’Azur, les ânes remplacent les camions

Face à la crise énergétique, Nice adopte des solutions insolites. Les ânes côtoient les camions sur la Côte d'Azur.

À Nice, le surcoût de l’essence a poussé un commerçant à basculer vers une logistique pour le moins originale. Avec le litre de carburant dépassant régulièrement les trois euros, cet entrepreneur a décidé que l’âne — sobriquet affectueux qu’on retrouve aussi dans son slogan « ân’énergie » — constituait une alternative financièrement crédible pour acheminer ses stocks de légumes et produits frais dans les ruelles de la vieille ville.

Le trait d’humour masque une réalité plus sombre : la crise énergétique frappe durement l’économie du littoral français. Entre Nice et Menton, les petits transporteurs, les restaurateurs côtiers qui s’approvisionnent quotidiennement auprès des producteurs locaux des arrière-pays (Grasse, Vallauris, Biot), et surtout les pêcheurs — dont les frais de carburant constituent jusqu’à 40 % des charges d’exploitation — supportent des marges de plus en plus étriquées. Pour les petites structures basées sur les circuits courts et la vente directe, chaque trajjet Nice-Antibes ou Nice-Cannes grignote inexorablement les bénéfices. Les halles du port Lympia, cœur battant du commerce local, en témoignent : les prix affichés reflètent cette pressurisation tarifaire.

Si l’anecdote niçoise prête à sourire, elle symbolise aussi une aspiration croissante vers des modèles économiques moins énergivores. Sur toute la côte — de Toulon à Menton —, des producteurs et restaurateurs repensent leurs chaînes d’approvisionnement en privilégiant les fournisseurs à proximité immédiate. Les circuits de distribution traditionnels, concentrés autour de camions thermiques depuis des décennies, commencent enfin à être interrogés. Quelques initiatives émergent : mutualisation des livraisons entre petits commerces d’un même quartier, recours accru aux vélos-cargo électriques, partenariats avec les producteurs biologiques de l’arrière-pays pour réduire les distances.

Le vrai enjeu ? Trouver des solutions viables et durables plutôt que de recourir à la parodie. L’électrification des flottes légères, l’optimisation des trajets, la mutualisation des transports entre commerces constituent des pistes sérieuses. Plusieurs maires du littoral ont commencé à explorer ces voies, notamment en modernisant les infrastructures de recharge urbaine. Car sur le littoral azuréen, particulièrement fragile économiquement, l’économie locale ne peut survivre indéfiniment avec un carburant qui explose. Les ânes, eux, continueront leur chemin. Mais ce ne sera jamais qu’une solution anecdotique — quoique charmante — à une crise bien réelle.

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