Monaco surfe sur 861 millions d’euros d’été

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Monaco surfe sur 861 millions d’euros d’été

La Société des Bains de Mer affiche 861 millions d'euros de chiffre d'affaires. Un signal de résilience pour le modèle haut de gamme de la Côte d'Azur.

Avec 861 millions d’euros de chiffre d’affaires enregistrés sur l’exercice 2025-2026, la Société des Bains de Mer de Monaco démontre une résilience remarquable. C’est un signal fort pour la Côte d’Azur : les établissements balnéaires haut de gamme, qui structurent l’économie littorale depuis le Second Empire, gardent leur pouvoir d’attraction malgré les turbulences touristiques mondiales.

Un été porteur, c’est d’abord des plages qui se remplissent, des restaurants de front de mer qui tournent à plein régime, des métiers saisonniers du secteur qui retrouvent des heures stables. Pour les pêcheurs et ostréiculteurs de la région — nombreux entre Menton et Antibes — c’est aussi une économie complémentaire qui fonctionne : les fruits de mer livrés aux tables des palaces, les poissons fins commercialisés aux meilleures conditions de prix. Les langoustes de Bretagne côtoient les daurades de Méditerranée sur les ardoises des établissements SBM.

Cette santé financière repose sur un modèle ancien mais toujours efficace : l’hébergement de prestige, la gastronomie, les jeux et le bien-être. La SBM gère le Casino de Monte-Carlo, l’Hôtel de Paris, les Thermes Marins — autant de lieux qui incarnent le loisir côtier depuis plus d’un siècle et demi. C’est une économie peu décarbonée, où les yachts font escale dans la rade, où le jet-ski croise les voiliers de plaisance entre Monaco et Cap-d’Ail.

Pour les communes voisines — Roquebrune-Cap-Martin, Beausoleil, Cap-d’Ail — et les professionnels du secteur balnéaire, ces performances offrent une leçon : le luxury resort côtier reste un modèle lucratif. Les retombées fiscales permettent d’entretenir les promenades, les accès plage, les services d’eau. Mais aussi une question qui demeure : comment concilier cette prospérité avec les enjeux de préservation des fonds marins méditerranéens, déjà fragilisés par le trafic intense et la pression touristique ?

Les herbiers de posidonie, qui s’étendent de Villefranche à Saint-Tropez, constituent le poumon bleu de cette économie. Leur régression menace à moyen terme l’équilibre halieutique et l’attrait même du littoral. Le luxury resort côtier doit apprendre à prospérer sans compromettre les écosystèmes qui fondent son attrait. C’est moins une question morale qu’une question de survie économique : un littoral mort n’attire plus ni yachtsmen, ni clients. Monaco l’a compris, qui finance depuis plusieurs années des programmes de restauration marine. Le reste du littoral français, même haut de gamme, n’a plus le temps de suivre cet exemple.

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