Chaque matin, dès six heures, le quai des Anses-d’Arlet s’active. Ferdinand Cicéron enroule ses filets, répétant les mêmes gestes depuis quarante ans. Ici, la pêche dépasse le simple cadre économique : elle incarne une transmission de savoirs accumulés sur le littoral, passés de génération en génération.
Située entre le Cap Salomon et la pointe Burgos, cette localisation confère au village une relation structurante à la côte caraïbe. Protégée des alizés, la baie offre des conditions stables que les pêcheurs exploitent depuis des siècles. Les barques multicolores du quai, les façades ocre et bleu pâle du bourg qui se reflètent dans l’eau, composent un paysage où l’activité humaine s’inscrit dans la géographie.
Cette stabilité apparente masque pourtant des enjeux contemporains : évolution des stocks, transformations économiques, pression démographique. Le village continue cependant de s’organiser autour de ses repères maritimes, comme si la connaissance du littoral restait le fondement immuable de son identité.