Daniel Auteuil foule à nouveau le rivage niçois. L’acteur, enfant du littoral méditerranéen, participe au festival Cinéroman qui se déploie sur la Côte d’Azur — rendez-vous annuel où cinéma et paysage maritime dialoguent. Un retour aux sources pour celui qui garde vivante en lui l’empreinte des années d’enfance passées au bord de cette mer singulière.
« Un jour j’ai revu la mer et d’un coup j’ai eu une émotion », confie-t-il. Cette phrase dit l’essentiel : ce que la Méditerranée signifie pour ceux qui l’ont côtoyée tôt, avant que la mémoire ne se forme vraiment. Ce n’est pas de la nostalgie de carte postale. C’est un ancrage géographique, presque physique. La salinité de l’air, la lumière rasante sur l’eau, le bruit des vagues — ces sensations restent inscrites, même des décennies après.
Cinéroman incarne une certaine façon de cultiver le littoral français : ni spectacularisation touristique, ni indifférence à la beauté du site. Le festival croise la création cinématographique avec le respect du territoire côtier, ses équilibres, ses communautés. Nice, avec sa baie protégée et sa longue histoire de rapports à la mer, en est un terrain idéal.
Ces retrospectives, ces regards d’artistes sur le rivage, comptent. Elles entretiennent une forme de littératie côtière — la capacité à lire le littoral comme un texte vivant, pas comme un décor. Pour les habitants permanents de la Côte d’Azur, souvent invisibilisés par le flot estival, voir des figures publiques affirmer l’attachement réel à ces lieux ressemble à une forme de reconnaissance.
Auteuil incarne cette relation honnête, non ornementale, à la côte française. Celle qu’on cultive quand on y a grandi, pas seulement quand on y passe.