Le 3 octobre 2015, les pentes de l’Estérel ont craché leurs torrents sur Cannes. En moins de deux heures, plus de 200 millimètres de pluie se sont abattus sur le massif rocheux. Les torrents du Mle et de la Frayère, ces cours d’eau qui structurent le relief depuis des siècles, se sont transformés en fleuves dévastateurs. Bilan : 20 morts, quartiers submergés, commerces détruits, caves des palais hôteliers envahies de boue rouge.
Onze ans plus tard, l’Agglomération Cannes-Lérins doit répondre à une question lancinante : les travaux de prévention engagés livrent-ils les résultats attendus ?
La stratégie repose sur trois axes. D’abord, renforcer les lits des torrents et reprofiler leurs berges pour améliorer l’écoulement. Ensuite, créer des bassins de rétention capables de ralentir et canaliser les flux en cas de précipitations extrêmes. Ces aménagements visent à transformer des torrents incontrôlables en cours d’eau régulés.
Le territoire littoral demeure exposé aux crues soudaines. Les travaux de protection constituent une réponse concrète, mais leur efficacité face à des phénomènes météorologiques d’intensité croissante reste à démontrer.