Construire sur les dunes pose une question urbanistique fondamentale. Ces formations sableuses constituent la première barrière naturelle contre l’érosion côtière et la montée des eaux. Leur édification fragmente ce système de protection et accélère le recul du trait de côte.
Le phénomène s’intensifie en Bretagne, Aquitaine et Pays de la Loire, où plusieurs communes constatent une dégradation progressive. L’Observatoire de la Côte mesure un recul moyen de 30 à 50 centimètres par an dans les secteurs urbanisés. En baie d’Arcachon et près de Saint-Nazaire, les études géomorphologiques révèlent que les dunes artificialisées perdent leur capacité de régénération naturelle du sédiment.
Géomorphologues et urbanistes s’accordent : cette stratégie d’implantation n’est pas viable à long terme. Au-delà des enjeux environnementaux, elle expose les constructions elles-mêmes à des risques croissants. La question n’est plus d’intensifier l’urbanisation dunaire, mais de la repenser en fonction des réalités géophysiques du littoral.