Le 16 mars 1978, l’Amoco Cadiz s’échoue à proximité de Portsall, dans le Finistère. Ce pétrolier libérien, dont les gouvernails ont cédé par mer agitée, libère 227 000 tonnes de pétrole brut — la plus grave marée noire jamais enregistrée en eaux européennes.
La rupture en deux du navire provoque un déversement progressif sur deux cents kilomètres de littoral, du Léon jusqu’à la baie de Lannion. Les plages imbibées de pétrole, la faune décimée et les ports paralysés façonnent durablement la mémoire collective bretonne.
Cette catastrophe redessine les équilibres économiques côtiers. Les ostréiculteurs de Morlaix et les pêcheurs voient leurs conditions de travail transformées par des régulations renforcées. La région instaure progressivement une limitation stricte du trafic pétrolier, réduisant les risques de collision et d’échouement en zone littorale. Ces mesures, nées d’une tragédie, marquent le début d’une nouvelle approche du transport maritime en Bretagne.