Trayas : le sentier côtier rappelle ses dangers

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Trayas : le sentier côtier rappelle ses dangers

Un accident dimanche au Trayas ravive les questions sur la sécurité des sentiers côtiers les plus fréquentés de Méditerranée.

Le sentier du Trayas, qui épouse les contours rocheux entre Saint-Raphaël et Agay, fait partie de ces balades côtières que chaque année des milliers de visiteurs et habitants empruntent en quête d’air marin et de paysages préservés. Dimanche, une femme y a chuté gravement, nécessitant l’intervention des secours en hélicoptère. Un rappel discret mais ferme des risques inhérents à ces chemins populaires.

Le Trayas n’est pas une promenade ordinaire. Entre les falaises calcaires qui plongent sur la Méditerranée et les sentiers souvent étroits, l’oubli est vite payant. Cette portion du littoral varois, comprise entre les stations balnéaires de Saint-Raphaël et Agay, concentre les caractéristiques qui font la fragilité des chemins de corniche : une géologie marneuse et calcaire sujette à l’érosion, des zones rocheuses exposées directement à 40 mètres de hauteur, et une fréquentation intense, particulièrement en saison estivale. L’accès aux étendues rocheuses, qui attirent baigneurs et pêcheurs à pied, combine beauté et exposition. Les équipes de secours en montagne et les gendarmes de la région sont habituées à ce type d’intervention, mais chaque incident renforce l’importance d’une préparation adaptée : chaussures antidérapantes, pas de téléphone en main, respect des zones instables et des marquages.

Pour les habitants de la côte varoise, ces sentiers littoraux représentent bien plus qu’une attraction touristique : ils sont les veines du lien quotidien à la mer, des lieux où se nouent la randonnée, la contemplation et parfois l’oubli de soi. Mais ils exigent une certaine discipline. Le Trayas, comme d’autres chemins de falaise de la région — le sentier du Cap de l’Estérel ou celui de Malpey —, profite d’une beauté fragile qui suppose une responsabilité de celui qui la fréquente.

Les collectivités locales et associations de protection du littoral continuent d’investir dans le balisage et l’information des usagers. Un équilibre délicat : rendre accessible sans minimiser le danger, préserver l’authenticité sans générer une surinfrastructure touristique. Le Var, déjà confronté à l’usure progressive de ses sentiers côtiers, doit naviguer entre l’accueil du public et la prévention. Des panneaux de signalisation existent, mais leur visibilité et leur respect restent inégaux. La responsabilité engage aussi chaque marcheur : consulter les conditions météorologiques, vérifier l’état physique du sentier après les orages, et surtout, accepter de rebrousser chemin face à des conditions manifestement dégradées.

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