Sud Vendée : la redevance incitative divise

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Sud Vendée : la redevance incitative divise

La Sud Vendée débat d'une redevance pour financer ses ports et plages. Les professionnels du littoral redoutent une charge supplémentaire.

Le littoral vendéen, déjà fragilisé par l’érosion et les tempêtes hivernales, doit se doter de nouvelles sources de financement pour ses infrastructures et son entretien. C’est là qu’intervient la redevance incitative — un dispositif visant à collecter des fonds auprès des utilisateurs du domaine public maritime, des ports aux plages aménagées. Un outil économique qui, en théorie, semble équitable. En pratique, il suscite des réticences légitimes.

Lors du dernier conseil de Sud Vendée Littoral, les élus ont exprimé leurs doutes. Ostréiculteurs, pêcheurs professionnels, propriétaires de cabanes de plage : qui paiera exactement ? Selon quels critères ? À quel tarif ? « Il y a beaucoup d’interrogations », reconnaît-on parmi les représentants locaux. Ces questions méritent d’être posées.

Sur ce littoral de deux cents kilomètres, des Sables-d’Olonne à l’île de Noirmoutier, les bassins ostréicoles constituent une part déterminante de l’économie locale. Ils ne fonctionnent que grâce aux infrastructures portuaires existantes — dragages réguliers, digues, bassins d’élevage. Leur survie économique dépend directement de l’état du littoral et des investissements d’entretien. Introduire une redevance supplémentaire dans cet écosystème fragile soulève une question cruciale : qui absorbe ce coût ?

Le risque est réel. Que la redevance soit mal calibrée, et elle ne ferait qu’ajouter une charge à des métiers déjà serrés par les marges réduites. La pêche côtière, les élevages de coquillages, la vie saisonnière des petits ports — autant de réalités économiques qui ne demandent qu’une chose : de la stabilité. Les ostréiculteurs de Bouin ou de Barbâtre savent que chaque euro compte dans une année moyenne.

La collectivité doit aussi considérer le contexte plus large. Les tempêtes Ciara et Alex, en 2020, ont révélé combien le littoral vendéen est vulnérable. Les dégâts aux infrastructures portuaires se chiffrent en millions. D’où l’urgence d’un financement stable et pérenne. Mais cette urgence ne doit pas justifier une redevance opaque ou inéquitable.

Sud Vendée Littoral devra affiner sa copie avant d’aller plus loin. Transparence sur les tarifs, exemptions progressives pour les petits professionnels, calendrier étalé de mise en œuvre : les détails feront la différence entre un financement juste et une nouvelle taxe qui diviserait le littoral. Le travail technique est encore à faire. Il est temps de l’entreprendre, vraiment, en écoutant ceux qui vivent du littoral au quotidien.

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