L’Islande vers l’interdiction définitive de la chasse à la baleine

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L’Islande vers l’interdiction définitive de la chasse à la baleine

L'Islande s'apprête à tourner la page d'une tradition pluriséculaire en interdisant la chasse à la baleine.

L’Islande pourrait bientôt rejoindre la majorité des nations côtières en interdisant définitivement la chasse à la baleine. Cette décision marquerait un tournant pour le pays nordique, l’un des derniers à maintenir cette activité de manière régulière.

Historiquement, la chasse baleinière s’inscrit dans les traditions islandaises depuis plusieurs siècles. Durant l’époque médiévale, les eaux du nord de l’Atlantique représentaient une ressource économique majeure. Or, avec la signature de la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine en 1946, la pratique s’est progressivement encadrée. L’Islande a maintenu une dérogation lui permettant de capturer annuellement quelques centaines de rorquals communs et de petits rorquals, quand la majorité des nations côtières abandonnait l’activité.

Les pressions internationales croissantes, notamment de la part des organisations de protection marine et de nombreux pays membres de la Commission baleinière internationale, poussent désormais le gouvernement à reconsidérer sa position. Au-delà des lobbies environnementaux, ce sont les considérations économiques qui infléchissent la trajectoire : l’observation des cétacés génère davantage de revenus touristiques que leur exploitation. Reykjavik accueille chaque année plusieurs dizaines de milliers de visiteurs venus explorer ses fjords septentrionaux en quête de ces mammifères marins.

Cette évolution reflète un changement progressif des mentalités en Islande même. Les générations plus jeunes, nées quand la conscience écologique commençait à transformer les littoraux européens, questionnent l’héritage de leurs aînés. Les acteurs du secteur touristique—guides, hôteliers, opérateurs maritimes basés notamment en Islande du Nord—plaident de plus en plus pour l’abandon de cette pratique, favorable à l’observation des cétacés plutôt qu’à leur exploitation.

Une interdiction définitive représenterait une rupture symbolique avec le passé pour la nation, mais s’inscrirait surtout dans une logique de préservation écologique devenue centrale aux enjeux des littoraux contemporains. Elle align l’Islande sur les positions affichées par la Scandinavie, où la transition vers des modèles économiques durables façonne depuis deux décennies les politiques côtières.

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