On les voit sur toutes les photos d’Arcachon. Ces petites maisons de bois posées sur l’eau, sur leurs pilotis appelés tchanques en gascon — qui signifient « échasses ». Elles semblent flotter entre ciel et mer, dans cette lumière particulière du Bassin que les peintres ont longtemps essayé de capturer sans jamais tout à fait y parvenir.
Une histoire de pêcheurs
Les premières cabanes tchanquées apparaissent au XIXe siècle. Les pêcheurs du Bassin avaient besoin de refuges au milieu de l’eau — des abris pour stocker le matériel, surveiller les parcs à huîtres, attendre la marée. On les construisait en bois, sur des pilotis plantés dans le fond sableux, légères pour résister aux courants, hautes pour passer les grandes marées.
À leur apogée, on en comptait plus de deux cents sur le Bassin. Aujourd’hui, il en reste une cinquantaine. Le temps, les tempêtes, et parfois l’abandon ont fait leur travail.
L’île aux Oiseaux, l’adresse incontournable
Les plus célèbres sont celles de l’île aux Oiseaux, au centre du Bassin. On n’y accède qu’en bateau — les navettes partent de La Teste-de-Buch, d’Arcachon, du Cap-Ferret. À marée basse, l’île devient un banc de sable entouré de vasières ; à marée haute, les cabanes semblent posées directement sur l’eau. C’est à cette heure qu’elles sont le plus belles.
Ce qu’on ne dit pas assez
Ces cabanes sont en sursis. Le niveau de la mer monte. Les tempêtes hivernales sont de plus en plus violentes. Les pilotis s’usent. La restauration coûte cher — et les propriétaires, souvent des familles qui les possèdent depuis des générations, n’ont pas toujours les moyens d’entretenir des structures soumises à une telle contrainte marine.
Plusieurs associations militent pour leur classement comme patrimoine architectural. La question est ouverte. En attendant, chaque visite est peut-être une des dernières occasions de les voir dans cet état.
Comment les voir
En bateau depuis Arcachon ou Le Canon, côté Cap-Ferret. Les navettes touristiques proposent des tours du Bassin qui passent devant l’île aux Oiseaux — compter une heure. Pour une approche plus contemplative, louer un kayak ou un paddle et s’approcher soi-même, à son rythme, au gré de la marée.
Le meilleur moment : tôt le matin, avant l’afflux touristique, quand la lumière est rasante et que le Bassin est encore presque silencieux.