Le blocage du dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer a pris fin, soulagant temporairement les tensions qui agitent les côtes provençales depuis plusieurs mois. Cependant, cette levée de mobilisation n’éteint pas le foyer : le prix du fioul lourd demeure prohibitif pour les professionnels.
Pour les chalutiers, fileyeurs et pêcheurs côtiers du golfe du Lion et de Provence, le carburant absorbe 40 à 50 % des charges d’exploitation. Cette proportion explique pourquoi chaque variation des cours frappe l’économie locale de plein fouet. Face à la flambée des prix, les armateurs réduisent les jours de mer, restreignent les zones éloignées et reportent les sorties. Les équipages voient leurs revenus diminuer sensiblement.
L’impact se propage sur toute la chaîne : les criées de Sète à La Ciotat reçoivent moins de poisson frais, affectant distributeurs et restaurateurs. Les petites structures, déjà fragilisées par la concurrence et les normes environnementales, peinent à maintenir leur activité. La lève du blocage traduit moins une victoire qu’une trêve nécessaire. Le défi structurel du secteur demeure : trouver des mécanismes d’amortissement durables face à l’instabilité énergétique mondiale.