Le port de Fos-sur-Mer retrouve son rythme normal après l’action menée par les pêcheurs méditerranéens. Ce blocage du dépôt pétrolier, bien que bref, illustre l’impasse dans laquelle se trouve un métier historique confronté à des défis structurels.
Situé à quinze kilomètres au sud d’Arles, à l’embouchure du Rhône, Fos-sur-Mer accueille depuis les années 1970 l’une des zones portuaires les plus denses de Provence. Le site concentre le trafic pétrolier, les chantiers navals et les derniers navires de pêche côtière. Cette coexistence génère des tensions récurrentes plutôt qu’une complémentarité.
Les chalutiers qui ont immobilisé les installations tentent depuis des mois de mobiliser les décideurs. La pression s’accumule : réglementation européenne restrictive, raréfaction des stocks halieutiques et concurrence des énergies marines réduisent les marges de manœuvre. En Méditerranée, les petits métiers — filets maillants, chalutage côtier — perdent du terrain face à des contraintes devenues insurmontables pour bon nombre d’armateurs.
Cette action symbolique marque un tournant : la pêche provençale ne compte plus sur l’inertie institutionnelle.