Catherine Chabaud en Méditerranée pour écouter les pêcheurs

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Catherine Chabaud en Méditerranée pour écouter les pêcheurs

La ministre de la Pêche Catherine Chabaud visite le Grau-du-Roi et Sète pour écouter les préoccupations des professionnels de mer.

Catherine Chabaud foule le terrain. Lundi, la ministre de la Pêche se déplace au Grau-du-Roi et à Sète, deux des points névralgiques de la pêche méditerranéenne française. Une visite qui n’est jamais anodine : elle signale que le gouvernement prend au sérieux les tensions croissantes qui agitent le secteur et ses hommes et femmes de mer.

Sur ces deux façades, les enjeux sont bien réels. Le Grau-du-Roi, petite commune du Gard bâtie autour de son port de pêche, vit au rythme du mulet, de la dorade et de la palourde. Son estuaire, qui marque la limite entre Camargue et Languedoc, constitue une zone de reproduction majeure. Sète, la capitale historique de la Méditerranée française, concentre encore plusieurs centaines de chalutiers et pêcheurs côtiers malgré les fermetures saisonnières imposées par Bruxelles. Depuis le dix-septième siècle, ce port languedocien s’est construit sur le commerce et la pêche, structurant l’économie locale autour de cette activité. Ces deux havres incarnent une économie de la mer fragmentée, traversée par des préoccupations environnementales et commerciales pressantes.

La visite de Chabaud intervient dans un contexte où les professionnels réclament des aides face aux restrictions de pêche accrues, des prix en berne et une concurrence accrue sur les zones de pêche partagées avec l’Espagne et l’Italie. Les tensions demeurent vives autour des eaux communes de Méditerranée nord-occidentale. Les questions portent aussi sur l’adaptation aux normes écologiques : comment maintenir une activité rentable tout en respectant les quotas et les périodes de repos biologiques que l’Ifremer recommande pour certains stocks, notamment la seiche et le poulpe ? Ces deux espèces, historiquement abondantes, connaissent des variations de stock qui inquiètent chercheurs et professionnels.

Au-delà des chiffres et des réglementations, c’est la viabilité même de communautés tournées vers la mer depuis des générations qui se joue. Les petits ports de pêche côtière, déjà fragilisés par les évolutions technologiques et les normes sanitaires, font face à une transition écologique qui requiert des investissements significatifs.

Cette présence ministérielle est l’occasion, pour les pêcheurs artisanaux et chalutiers, d’exprimer directement leurs attentes auprès de la tutelle. Pas de grands discours : du dialogue sur les quais, au cœur du travail. Le gouvernement sera jugé sur sa capacité à traduire ces échanges en mesures concrètes—aides à la transition, accompagnement vers des pratiques durables, soutien aux filières locales.

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