À quelques mois de la présidentielle 2027, le parti écologiste détaille ses propositions pour les façades maritimes françaises. Au cœur du programme : un fonds dédié aux régions littorales et une refonte progressive des modèles de pêche artisanale et industrielle.
Cette orientation répond à des tensions réelles. Depuis dix ans, les bassins de pêche français — de la Bretagne aux côtes méditerranéennes — connaissent une érosion des stocks et des revenus. Les chalutiers côtiers battent pavillon blanc plus souvent qu’avant, tandis que les petits métiers (caseyeurs, fileyeurs) disparaissent peu à peu. En Manche orientale comme en Adriatique française, les volumes de cabillaud et de sole se sont contractés de 30 à 40 % sur la décennie. Les Écologistes proposent donc de soutenir financièrement une transition : aides à la reconversion, accompagnement vers des pratiques de sélectivité accrue, restauration des herbiers et des nurseries.
Le fonds envisagé viserait aussi les communes qui perdent de l’assiette fiscale — ports de pêche en déclin comme Concarneau ou Port-en-Bessin, stations balnéaires fragilisées du Languedoc. Une reconnaissance, implicite, que l’économie maritime française ne peut pas reposer sur le modèle des années 1990.
Sur le papier, le dispositif s’articulerait autour de trois leviers : compensation directe des pertes d’activité pour les petits patrons, investissement dans les infrastructures portuaires (halles rénovées, chaîne du froid) et formation aux techniques alternatives — mytiliculture, algaculture, pêche de loisir encadrée. Les ostréiculteurs de Marennes-Oléron et les mytiliculteurs de la baie de Somme pourraient servir de modèles.
Le programme reste cependant vague sur les instruments de régulation : espaces protégés, aires marines éducatives, partenariats avec l’Ifremer et le Conservatoire du littoral demeurent peu détaillés. Aucun chiffre n’est avancé concernant la restauration des zones humides côtières, essentielles aux juvéniles de bar et de daurade — or ces écosystèmes se dégradent d’un hectare par jour en métropole.
Pour les professionnels de la mer — pêcheurs du golfe de Gascogne, aquaculteurs, plaisanciers — ces propositions dessinent un horizon, encore flou, de régulation plutôt que de rupture. L’approche privilégie l’accompagnement sur le temps long, sans interdiction radicale des engins traditionnels.
Reste à savoir comment financer ce fonds dans un contexte budgétaire contraint, et à quel rythme accompagner les territoires dans cette mutation. Les côtes bretonnes et normandes, qui concentrent 60 % de la flotte française, seront les premières observatrices.