Sur les côtes françaises, le bois flotté constitue depuis longtemps une ressource d’appoint pour le chauffage hivernal. Cette pratique, enracinée dans les usages locaux, s’inscrit dans une logique de récupération économe et d’utilisation des ressources marines.
Pourtant, l’observation des résidus de combustion révèle une réalité moins claire. La fine poudre grisâtre qui subsiste après la brûlure contient bien plus que du bois pur. Ces débris marins accumulent métaux lourds et polluants organiques persistants — chrome, plomb, zinc — concentrés au fil des années d’immersion.
Ces matériaux proviennent d’épaves, de structures industrielles immergées ou de rejets maritimes. Lors de la combustion, ces substances se restituent directement dans l’air intérieur des habitations, modifiant la qualité de l’atmosphère domestique.
L’Ifremer a documenté ce phénomène, soulevant des questions sur une pratique transmise sans interrogation. Entre tradition côtière et enjeux sanitaires, la collecte du bois flotté mérite un regard neuf.