L’orthographe d’abord. La parenthèse autour du second « a » — Ha(a)ïtza — n’est pas une coquille typographique. C’est la graphie officielle depuis 1930, pour un hôtel qui a fait de ses détails une identité. L’architecture est celle des grandes villas basques de la côte d’Argent : bois sombre, volumes généreux, façade qui ne cherche pas à s’effacer dans la pinède.
Philippe Starck a revu les intérieurs. Sa main est reconnaissable sans être démonstrative — matières brutes, mobilier conçu avec soin, quelques pièces qui retiennent l’œil. L’ensemble ressemble davantage à une maison privée qu’à un hôtel de designer. Ce n’est pas un compliment qu’on donne à tous les projets Starck.
Le restaurant de l’Ha(a)ïtza est le Skiff Club. Deux étoiles au Guide Michelin, terrasse orientée vers les pins, une carte qui ne cherche pas à tout couvrir. La table gastronomique d’un hôtel qui aurait pu se contenter de sa position — à deux pas de la dune du Pilat, dans un bâtiment classé. Elle ne s’en contente pas.
La dune est à dix minutes à pied. L’Ha(a)ïtza ne l’affiche pas en premier argument. C’est une certitude ancienne pour ses habitués — les familles qui réservent chaque été depuis vingt ans savent où elles posent leurs valises et pourquoi. Un hôtel de passage, ça se reconnaît à ses hôtes. Celui-là n’y ressemble pas.